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Les rencontres de l'Histoire

Hubert Cloix : Chroniques de la Résistance

Ancien combattant de l’Armée des Ombre, Hubert Cloix a passé près de soixante-dix ans de sa vie, à préserver la mémoire résistante en France. Un homme simple, unique et généreux, qui autour de récits symboliques, vous plongera au coeur des Années Noire.  Une immersion poignante dans le quotidien des français sous l’Occupation allemande, pour comprendre l’importance de la Résistance à la Libération. En exclusivité pour Mémoire et Histoire, découvrez l’interview exceptionnelle du dernier survivant du Réseau Vengeance.

                            La voie de l'engagement

Etudiant au lycée de Rollin en 1939, Hubert Cloix n’accepte guère la présence de l’occupant allemand sur le territoire français. À peine âgé de 16 ans, il décide de s’engager dans la clandestinité, tout en poursuivant ses études en parallèle. Patriote convaincu, la Résistance se présente à lui comme une évidence, pour libérer sa patrie.

 

Ce tout jeune agent de liaison transmet des informations secrètes à tous les réseaux du Morvan, pour déconstruire les points d’appuis allemands. Discret et efficace, Hubert Cloix agit dès 1942, dans la zone de Corbigny, pour le compte du « réseau Vengeance ».

 

      ▲ En 1939, Hubert Cloix, jeune étudiant au Lycée Rollin à Paris (©coll.HC)  

 

Un choix patriotique plus qu’idéologique pour Hubert Cloix, qui rejoint les rangs de la Résistance grâce à sa mère. Un homme de terrain, recruteur pour le Maquis Bernard pour le Morvan, afin de pousser l’armée Allemande hors de France. Soit 1200 hommes, combattants dans la clandestinité, prêt à sortir les armes, en cas de débarquement allié.

 

                               Résister et combattre

Epaulé par deux escadrons de SAS britanniques, le maquis Bernard se structure de plus en plus, pour devenir le troisième bastion de résistants, le plus important dans le Morvan.  Une alliance murement réfléchie par les combattants du Commandant Aubin, afin de mieux préparer les actions de sabotages à venir.

 

Hubert Cloix découvre la vie au maquis en 1943. Tout juste nommé caporal-chef de la section André, il doit très vite réorganiser les forces intérieures de la Résistance dans le Morvan. Ainsi, il doit assurer la liaison avec le jeunes volontaires parisiens, tout en assurant le recrutement et la formation de ces derniers, pour fournir en hommes les maquis du Massif Central.

 

                                 ▲ Hubert Cloix (à droite) en tenue de maquisard à l’été 44 (© coll.HC) 

 

 

Engagé dans la libération du Morvan, Hubert Cloix participe du 12 au 17 août 1944 à la célèbre bataille de Crux-la-Ville. Cette bataille marque un tournant dans le rapport de force, entre la Résistance et l’Armée Allemande. Alors que les combattants des maquis Mariaux et Julien, sont encerclés par 4500 fantassins allemands, il doit transmettre en sa qualité d’éclaireur avancé, l’Etat-Major du Colonel Guyot. Local de l’étape, il se faufile au travers des lignes ennemies, pour ouvrir un second front vers Corbigny. Cette mission extérieure doit permettre, aux deux maquis pris au piège, de s’enfuir. À la tête d’un escadron PIAT, il organise plusieurs opérations commandos pour permettre le désenclavement des troupes françaises. La victoire est belle et bien là : à l’issue de la bataille, 350 allemands ont péri dans l’offensive 17 août. Guerrier aguerri, il continu les opérations paramilitaires sur le territoire morvandieau, où il se charge à la tête de sa compagnie PIAT, de sabotages et d’embuscades. En effet, c’est lui qui met un terme à l’occupation allemande dans le Morvan, avec l’embuscade du 4 septembre 1944 à l’encontre de l’Hauptmann von Baütcher, chef de la kommandantur de Nantes. Une mission héroïque, qui permet au maquis Bernard, d’entrer dans la légende de la Résistance Française.

 

▲ Vue aérienne du passage de la gare de Coeuson, poste de garde principal du maquis Bernard  (©coll.HC)

 

 

▲ Carte des opérations et des mouvements du maquis Bernard, lors de la bataille de Crux-la-ville  (©coll.HC)  

 

 

▲ Le caporal-chef Hubert Cloix, servant d’artillerie à l’unité PIAT du maquis Bernard, en pleine entraînement en septembre 1944 (©coll.HC)

 

 

                                 Le nouveau monde

La Libération du Morvan, et plus encore de la France, n’a pu se faire sans le courage de s’opposer à l’Axe, durant les quatre années de conflit. Une volonté patriote, d’engagement qui a permis à Hubert Cloix, de protéger les intérêts et les valeurs de son pays. Toujours orienté vers l’avenir, il n’a eu de cesse de combattre pour le droit des peuples à disposer d’eux mêmes.

 

▲ Voiture du premier convoi évacuant le chef de la Kommandantur de Nantes détruite par le groupe PIAT, avec Hubert Cloix (au fond à gauche) (©coll.HC)

 

 

Véritable Gaulliste, Hubert Cloix considère la France de 1945, comme un territoire en pleine mutation politique. Engagé politiquement dans les Années 80, il porte un regard atténué sur la gouvernance du président Mitterrand, qu’il a lui-même côtoyé au maquis, pendant la Guerre. Une France combattante, qui sera toujours se relevé, face aux intempéries de l’Histoire.


   

Pièce aussi intime qu’historique, le « carnet de Mattis » d’Hubert Cloix, condense sur deux années la vie au maquis Bernard  (©coll.HC)

 

 

One comment
  1. Marc Chantran

    Magnifique témoignage !
    Je souhaiterais apporter une correction au paragraphe d’entête où il est écrit :
    « En exclusivité pour Mémoire et Histoire, découvrez l’interview exceptionnelle du dernier survivant du Réseau Vengeance. »
    Heureusement il nous reste encore quelques membres du Réseau Vengeance ! On les voit toujours aux cérémonies, en intervention dans les lycées, etc.
    Marc Chantran

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