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Sur les traces de nos Poilus : Paul Dumont

Le caporal Paul Dumont, le héros de Douaumont, pris en photo après la chute du fort en décembre 1916

Comme tant d’autres de sa génération, le sergent Paul Dumont sacrifie sa jeunesse dans les tranchées de Verdun. Natif de Meudon, le sergent Dumont est avant-guerre un simple électricien qui voit son destin bouleversé à jamais, avec les évènements sanglants de la guerre des tranchées.

Paul Dumont, un héros anonyme au Panthéon des héros de la Grande Guerre

Quatre années d’abnégation, du 10 septembre 1914 à novembre 1918, où il sert avec fidélité dans le 2e régiment de génie. Désireux de défendre son pays, comme nombreux de ses compagnons d’alors, Paul Dumont fait son baptême du feu du côté du front belge.

1915, le front s’enlise. La guerre de positions mue en une guerre des tranchées, tout aussi barbare que violente. Au sein du 19e bataillon du génie, Paul prend position dans le secteur de Nieuport. Les premiers mois sont éreintants pour les hommes de la deuxième compagnie confrontée à la guerre des mines.

L’état-major français inquiet de l’avancée des troupes allemandes près de Nieuport, décide de déployer la 2e compagnie du 19e bataillon du génie dans le secteur fortifié de la Grande Dune. Le 11 juin 1915, un commando est dépêché sur place pour ouvrir la voie à l’infanterie. Neutralisant à coup d’explosifs les poches de mitrailleuses et les postes d’observation ennemis,  lui et ses sept camarades sous pris sous le feu ennemi. Malgré les renforts de l’infanterie coloniale, l’attaque est un cuisant échec. Rare rescapé de la mission, Paul Dumont est cité à l’ordre de la division pour bravoure.

Paul Dumont, le héros de Douaumont

Mais c’est véritablement lors de la bataille de Verdun que s’illustre le petit Parisien. Durant l’année 1916, cette boucherie sanglante de 300 jours et 300 nuits, opposent Français et Allemands dans d’incessantes conquêtes et reconquêtes des forts meusiens. À ce petit jeu, c’est le futur sergent Dumont qui gagne.

Avec l’ensemble de sa compagnie du génie 19/2, Paul Dumont et ses camarades montent à l’assaut de Douaumont. Fort mythique de la bataille de Verdun, Douaumont en est aussi un endroit stratégique dominant la vallée de la Meuse. Conquis par les Allemands aux premières heures de la bataille, le fort de Douaumont est une enclave, dont l’intérêt militaire est décisif sur le sort de la bataille.

Soldats Français dans les tranchées du fort de Douaumont en décembre 1916

Le 24 octobre 1916, le général Mangin donne l’ordre de monter à l’assaut de Douaumont. Épaulés par le régiment d’infanterie coloniale du Maroc, les sapeurs s’élancent sur la fortification en début d’après-midi. Accompagné de son chef adjoint, Jean Ygon, les deux hommes s’infiltrent derrière les lignes ennemies. Depuis le début de la bataille le 21 février 1916, Paul Dumont est le premier soldat français à entrer dans le fort de Douaumont. Prenant le commandement de quatre soldats coloniaux, ils pénètrent dans le coeur de la forteresse et capturent quatre officiers et vingt-quatre soldats allemands.

Son récit n’en n’est pas moins émouvant : « Le chef nous crie « Kommandantur !…» et il nous montre qu’il est sans armes. Alors vite, je fais avancer tout le monde. Je fais appeler le capitaine et je lui passe mes prisonniers. Nous avons ensuite tenu garnison pendant dix jours dans le fort sous un marmitage qui ne nous a pas empêché d’organiser nos tranchées en avant ». Symbole de l’esprit chevaleresque des protagonistes de cette scène historique. » Par respect envers les vainqueurs, le commandant de la garnison allemande lui remet sa montre à gousset. Décoré de la Légion d’honneur, le pays tout entier prend connaissance des exploits du poilu Dumont et lui consacre une chanson, dans laquelle Dumont rime avec Douaumont.

La guerre ne s’arrête pas la pour Paul Dumont. Vient ensuite l’offensive du Chemin des Dames, entre avril et octobre 1917. Présent lors de la bataille de Malmaison, son courage lors de cette bataille lui vaut d’être distingué quatre fois au nom de son régiment. Nommé sergent en août 1918, il combat une dernière fois lors de l’offensive Meuse-Argonne. Revenu indemne de l’enfer des tranchées, Paul Dumont décède à l’âge avancé de 81 ans, le 19 mars 1976. Pour honorer sa mémoire, les honneurs militaires sont rendus à ce héros méconnu de la République.

M.C.

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